Lydie Solomon Pianiste & Comédienne

Sand et Chopin sur scène à Marciac ! – La Dépêche du Midi

10 janvier 2016

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  Marciac

« Sand et Chopin sur scène à Marciac ! »

« Sand et Chopin : l’art, l’amour, le genre »

« Chopin et George Sand, c'est une grande histoire d'amour, et d'un drôle de genre… Entre une hyperactive, plus pantalons que jupons, et un rêveur et contemplatif, on peut parfois se demander qui est qui, de l'homme et de la femme. Mais ne faudrait-il pas plutôt se demander, aujourd'hui comme hier, si être hyperactif, ou rêveur, est masculin ou féminin ? Rosemonde Cathala et Lydie Solomon se penchent sur ce couple étonnant, dans « Sand-Chopin : le choix du sexe », un spectacle présenté aujourd'hui, à 16 heures, sur la scène de l'Astrada à Marciac.

« George Sand a été la première relation féminine concrète qu'a connue Chopin, explique Lydie Solomon, pianiste de réputation internationale et grande spécialiste du musicien franco-polonais. Et les femmes ont été très importantes dans sa vie : sa mère, sa première fiancée… ». Ce romantique n'éprouve pas une attirance immédiate pour George Sand, qu'il trouve « antipathique ». Mais la romancière va le séduire « presque malgré lui, s'amuse la pianiste. Elle a fait un vrai travail de sape pour l'avoir. C'est une relation très ambiguë, de huit ans. Mais c'est la période où il écrit beaucoup de ses plus grandes oeuvres. Sand le portait, elle disait qu'elle s'occupait d'un malade. Mais s'il était un boulet pour elle, elle représentait parfois une prison dorée pour lui. » Pourtant, c'est Sand qui le tirait de sa tendance à l'isolement, qui oxygénait sa création. « Les voyages, les promenades… Il écrivait alors d'une traite ! » Elle suit au piano la voix de Rosemonde Cathala, sur une mise en scène de Maya Arriz-Tamza. Cette spécialiste de Sand lit dans cette relation une maîtresse femme en admiration devant l'artiste. « Elle a tout fait pour lui. Lui qui ne s'occupait de rien. Mais pour exister sur la scène artistique, Sand devait afficher des attitudes dites masculines. Mais à force d'être active, elle devient maternelle. Elle va être contrainte de faire oublier qu'elle est femme. On la conçoit mère ou masculine, mais pas femme. » Ce paradoxe entre la part active et la part passive qui coexistent en chacun de nous sous-tend tout le spectacle. Pour Rosemonde Cathala, la place des femmes dans la société n'est pas si arrêtée que cela. « En retour, Chopin le passif l'amène à devenir plus contemplative, un aspect féminin auquel elle aspire. Mais la question pour George Sand, une question qui reste très actuelle, c'est comment se positionner être femme tout en étant une personne libre, et forte. » »

La Dépêche du Midi (Marc Centène), 10/01/2016

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