Lydie Solomon Pianiste & Comédienne

« J'aime raconter des histoires par la musique » : Solomon – Milenio

21 septembre 2014

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« “J'aime raconter des histoires par la musique” : Solomon »

« Le répertoire de la pianiste française comporte des compositeurs tels que Chopin, Debussy et Ravel, autant que Piazzolla, Lecuona et Ginastera. »

« Mexico. La pression chez un artiste est habituellement très intense, au point de l'empêcher quasiment de respirer. C'est ce qui s'est produit chez la pianiste française Lydie Solomon : alors qu'elle faisait une carrière brillante dans la musique classique, elle a décidé de se retirer pendant quelque temps pour prendre de la distance, renaître comme chanteuse de jazz, se consacrer à la comédie et retourner à la musique de concert dans ce qu'elle considère être
“une seconde vie”.

Lauréate de nombreux prix, la pianiste de 32 ans compte à son actif un répertoire sans frontières. Il comporte des compositeurs européens comme Frédéric Chopin, Claude Debussy, Maurice Ravel et Isaac Albéniz, mais aussi des auteurs latino-américains comme Astor Piazzolla, Ernesto Lecuona, Alberto Ginastera et Manuel Saumell, ainsi que ses propres compositions.

“Un prodige comme il s'en fait peu”, écrivait Thierry Hillériteau dans Le Figaro sur la pianiste, qui a donné mercredi une master class à l'Ecole Supérieure de Musique [Escuela Superior de Música] et un concert à la Salle Blas Galindo du Centre National des Arts [Centro Nacional de las Artes]. Hier elle a joué au Musée d'Art National [Museo Nacional de Arte] et aujourd'hui elle se produira à la Salle Manuel Ponce du Palais des Beaux-Arts [Palacio de Bellas Artes] à six heures du soir.

L. Solomon a une prédilection particulière pour les œuvres qui dégagent une influence hispanique. Quand on lui a offert d'enregistrer le disque intitulé Eldorado, avec une musique qui va de padre Antonio Soler à Astor Piazzolla, en passant par Debussy, Ravel, Lecuona et d'autres, elle a décidé de raconter une histoire qui va de l'Espagne à d'autres pays, à différentes époques. “J'aime raconter des histoires par la musique – dit-elle lors d'une interview avec MILENIO –. Nous avons commencé par chercher des auteurs d'Amérique Latine dont le trait d'union était l'idiome espagnol et nous avons découvert la musique de Cuba, du Mexique et du Pérou (je ne connaissais pas Carlos Chávez ni Manuel M. Ponce). Toutes les œuvres que je joue dans le disque ont été des coups de cœur. Jouer ces compositeurs fut un acte de justice artistique. Ceux qui ont écouté le disque avec leur cœur l'ont beaucoup aimé, j'ai même eu d'excellentes critiques sur Radio Télévision Luxembourg et dans Le Figaro, ainsi que de la part des chroniqueurs de jazz”.

La pianiste dit que sa retraite de la musique de concert a duré trois ans, parce que “je voulais prendre de la distance par rapport à ma carrière, qui était très exigeante. Quand les gens choisissent quelque chose à ta place, cela devient très compliqué. J'ai choisi le piano à deux ans, mais d'un seul coup tout le monde, les professeurs, la famille, devinrent mes maîtres d'ouvrage. Je devais participer à des concours et faire des concerts dans des grandes salles, ce qui me déprimait. Je ne comprenais pas pourquoi je ne trouvais rien d'artistique à tous ces cours du Conservatoire, très techniques, mais qui ne me plaisaient pas d'un point de vue artistique. Quand je suis revenue à la scène classique avec Eldorado j'avais nettoyé tous les aspects qui n'avaient rien à voir avec moi”.

A l'époque où elle s'est éloignée de la musique de concert elle a goûté à la chanson jazz, une autre façon de créer.
“Le pianiste Thierry Lier et moi avons composé des chansons avec des paroles en français, en espagnol, en anglais et en coréen et nous avons donné des concerts dans des clubs de jazz à Paris et d'autres villes de France. Ce fut une très belle expérience, et quand je suis revenue à la scène classique j'ai décidé de mettre tout mon cœur dans le piano. L'expérience du jazz a été très importante pour comprendre ce que disait Chopin : pour comprendre le piano il faut savoir chanter, pas de façon professionnelle, mais pour ressentir à quel point la voix permet de comprendre l'expression au piano. Chanter a été pour moi une libération “. »

Milenio, Cultura (Xavier Quirarte), 21/09/2014

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